30 juin 2026

Débat à Québec: «On ne demande pas la Lune!»

Par Rémi Léonard, Le Soleil.

Et il s’attend à une réponse dès le 1er juillet, a-t-il indiqué mardi.

Il ciblait jusqu’ici les principaux diffuseurs, mais précise maintenant sa demande, disant comprendre la pression financière que subissent les médias privés. Radio-Canada a également plusieurs activités médiatiques organisées à Montréal en marge de la campagne et il serait logique «qu’au moins un débat» se tienne du côté de Québec, a-t-il plaidé.

Les démarches effectuées par Le Soleil auprès des grands diffuseurs ont démontré bien peu d’ouverture pour l’instant. Après Bell et Radio-Canada lundi, TVA nous a confirmé mardi que son émission Face-à-face sera présentée en direct du studio de Montréal.

Le deuxième débat des chefs tenu dans le cadre de la campagne électorale provinciale de 2022.

Radio-Canada écarte de son côté d’organiser un débat supplémentaire à ceux prévus à Montréal. Qu’à cela ne tienne, Éric Duhaime affirme que sa demande est toujours en suspens auprès du diffuseur public et qu’une réponse définitive, qu’il espère positive, est imminente.

«Je pense que Radio-Canada a les moyens de payer un billet de train à Patrice Roy jusqu’à Québec», a lancé mardi le chef conservateur.

«On ne demande pas la Lune. On demande du respect pour la Capitale-Nationale.»

—  Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

M. Duhaime peut compter sur l’appui unanime du conseil municipal de Québec, qui devrait adopter une motion en ce sens dans les prochains jours, a-t-il assuré.

Il a même pris la plume lundi pour s’adresser directement à la directrice générale de l’information de Radio-Canada Crystelle Crépeau.

Citant les différents événements médiatiques montréalais, Éric Duhaime avertit qu’il «en résulte que Québec, notre Capitale-Nationale, est délaissée dans le processus démocratique».

Le diffuseur public «dispose de studios à Québec, ainsi que des budgets et du mandat nécessaires pour organiser la tenue d’un tel rendez-vous», plaide-t-il également dans sa demande écrite.

En cas de réponse négative de Radio-Canada, la prochaine étape sera d’aller recueillir l’appui des élus fédéraux, a tracé Éric Duhaime.

Celui qui a dénoncé la «montréalisation» de l’information dans les derniers jours a dit espérer que cet épisode ne soit à l’image du reste de la campagne.

«J’espère qu’on est conscient que les régions comptent et que la ruralité existe au Québec», a-t-il exprimé mardi. Pas question de boycotter un éventuel débat même si l’ensemble de ceux-ci devaient se tenir à Montréal, a-t-il également indiqué.

Front commun

Tous les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale ont appuyé l’idée de la tenue d’un débat à Québec.

«Notre Capitale doit rester centrale dans le processus électoral et il serait regrettable qu’aucun débat n’y soit tenu», a par exemple affirmé le Parti québécois dans une publication sur les réseaux sociaux, mardi.

Le parti a aussi indiqué qu’il a réitéré une demande datant d’avril dernier auprès de Radio-Canada pour évaluer la possibilité de tenir le débat des chefs à Québec.

Le chef libéral Charles Milliard a lui aussi réaffirmé sa position mardi et a suggéré du même coup qu’à tout le moins un «segment particulier» du débat soit spécifiquement dédié à la région, d’autant plus que les enjeux de la Capitale-Nationale semblent intéresser tout le Québec, selon lui.

«C’est notre Capitale-Nationale et les grands rendez-vous démocratiques doivent s’y tenir. Mais au-delà du lieu, les citoyens de la grande région de Québec veulent entendre les chefs se prononcer sur l’avenir de leur région, trop souvent négligée par la CAQ ces dernières années», a-t-il affirmé.

Il juge en effet que la Capitale-Nationale a été «sous-utilisée» par le gouvernement comme plaque tournante lorsque vient le temps de tenir des événements diplomatiques.

Crédit photo: (Rémi Léonard/Le Soleil) et (Ryan Remiorz/Archives La Presse Canadienne)