20 août 2026

Éric Duhaime promet d’aider financièrement les Québécois à faire des enfants

Éric Duhaime promet d’aider financièrement les Québécois à faire des enfants

Éric Duhaime sur scène, aux côtés de Maïté Blanchette Vézina et de Karim Elayoubi.

Le PCQ d’Éric Duhaime a présenté sa plateforme électorale à Québec mercredi matin, alors que la campagne, elle, devrait être déclenchée la semaine prochaine.

À une semaine du déclenchement de la campagne, le Parti conservateur du Québec (PCQ) a présenté mercredi une plateforme électorale résolument nationaliste, régionaliste et… nataliste. Son chef, Éric Duhaime, promet notamment « de l’argent » aux familles « dès la naissance d’un premier enfant ».

La mesure n’est pas explicitée dans la plateforme. Mais celle-ci promet de donner aux jeunes qui désirent devenir parents les moyens financiers nécessaires à la naissance d’un enfant, en proposant une baisse des impôts historique pour la famille moyenne et, si nécessaire, d’autres mesures plus ciblées.

Interrogé sur le sujet en point de presse, M. Duhaime a confirmé que des mesures spécifiques pour avantager le portefeuille des familles qui donnent naissance à un enfant seront annoncées au cours de la campagne.

Oui, dès la naissance, il y a des gens qui vont […] recevoir de l’argent, a-t-il aussi déclaré, sans préciser s’il s’agira d’un chèque ou d’un crédit d’impôt.

Le PCQ, cela dit, fait l’éloge dans sa plateforme de la prime aux bébésqu’avait mise sur pied le gouvernement Bourassa dans les années 1980, qui avait contribué à valoriser la parentalité, ainsi qu’à donner aux familles les moyens de réaliser leurs projets, faisant augmenter la natalité québécoise de manière conséquente.

Éric Duhaime, en point de presse, s’est désolé que les Québécois ne fassent presque plus d’enfants. La natalité a atteint un creux historique à 1,35 enfant par famille, même si tous les sondages nous disent que les jeunes en veulent plus que deux, a-t-il rappelé.

L’aide financière promise par le PCQ aux jeunes familles s’ajouterait à d’autres mesures, comme les baisses d’impôt historiques promises la semaine dernière grâce à une réduction des dépenses de l’État de 47 milliards de dollars sur cinq ans, soit environ 5 % du budget gouvernemental.

Le parti propose aussi d’aider financièrement les familles qui n’ont pas réussi à trouver une place dans un service de garde subventionné pour qu’elles puissent bénéficier d’un soutien équitable, peu importe le mode de garde choisi. Le financement du réseau de garderies ne serait toutefois pas touché.

Les détails avec Pierre-Alexandre Bolduc

Nation, régions, poupons

La plateforme conservatrice a été présentée mercredi matin à Québec par Éric Duhaime qui, pour l’occasion, était accompagné de nombreux candidats, comme Maïté Blanchette Vézina, Adrien Pouliot, Karim Elayoubi et Patricia Drouin, qui ont tous pris la parole avant lui.

Le document de 38 pages prône notamment l’affirmation nationale et l’autonomie du Québec dans le Canada. Il prévoit notamment de réaffirmer le non-consentement du Québec au rapatriement constitutionnel de 1982, de rouvrir le chantier d’une citoyenneté québécoise et de doter le Québec d’un hymne national.

La plateforme prévoit aussi l’adoption d’une loi Lévesque pour inclure systématiquement la disposition de dérogation dans toutes les lois votées à l’Assemblée nationale, comme l’avait fait l’ex-premier ministre péquiste de 1982 à 1985.

Ces idées figuraient toutes dans le livre Destination autonomie d’Éric Duhaime, publié l’hiver dernier aux éditions Libre-Média, la maison de l’essayiste et journaliste Jérôme Blanchet-Gravel.

La version papier de la plateforme électorale du PCQ.

De nombreuses mesures régionalistes sont également mises de l’avant dans la plateforme électorale du PCQ dans un objectif de décentralisation.

Le document prévoit par exemple la création de 17 tables décisionnelles régionales, à qui des fonds seraient versés selon une formule inspirée du transfert du point de TVQ et qui seraient financées par l’abolition de 200 programmes provinciaux de financement des infrastructures municipales.

Ces programmes engendrent des surcoûts administratifs de 328 millions de dollars et monopolisent 4100 employés municipaux pour la seule gestion de la reddition de compte, soutient-on, citant une étude de la firme Raymond Chabot Grant Thornton rendue publique par l’Union des municipalités du Québec (UMQ) en 2023.

Le parti promet aussi de modifier la loi pour permettre aux communautés de se défusionner si elles croient que leur situation serait meilleure sans appartenir à leur ville ou MRC actuelle.

Éric Duhaime regardant Maïté Blanchette Vézina sur scène.

Sans surprise, la plateforme fait du 3e lien autoroutier entre Québec et Lévis l’une des priorités absolues du PCQ, même si le projet défendu par le parti depuis plusieurs années ne fait pas nécessairement l’unanimité dans l’industrie du camionnage.

Enfin, les conservateurs promettent d’abolir Santé Québec. Tout comme le Parti québécois (PQ), d’ailleurs.

Interrogée sur le sujet mercredi à son arrivée à la réunion hebdomadaire du Cabinet Fréchette, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, a toutefois jugé que cette idée n’était pas réaliste du tout.

Il y a eu un transfert d’employés du ministère vers Santé Québec. Tout ça, c’est fait. Ça a été des négociations importantes. On ne retournera pas là-dedans, a déclaré Mme Bélanger, qui tentera de se faire réélire cet automne pour la Coalition avenir Québec (CAQ) dans la circonscription de Prévost.

L’occasion d’entrer enfin au Parlement

En point de presse, M. Duhaime a assuré que sa promesse de réduire les dépenses de l’État de 47 milliards $ sur cinq ans serait suffisante pour combler les 5 milliards $ d’efforts budgétaires requis pour 2027-2028 et 2028-2029 qui n’ont pour l’instant fait l’objet d’aucune mesure précise, selon la vérificatrice générale Christine Roy.

Il a aussi ridiculisé l’annonce faite par le PQ, mardi, de ne pas tenir de consultation sur l’avenir constitutionnel du Québec tant et aussi longtemps que Donald Trump sera président des États-Unis, répétant sa critique formulée la veille selon laquelle son adversaire Paul St-Pierre Plamondon est une girouette référendiste.

Le PCQ fera campagne cette année sous le slogan « Oser pour vrai ». Le site de projections de sondages Qc125, une référence dans le domaine, laisse entrevoir que le parti, qui avait obtenu 12,90 % du vote aux élections générales de 2022, pourrait finalement faire son entrée au Parlement avec une députation de 7 à 15 élus.

Seule l’ex-ministre caquiste Maïté Blanchette Vézina représente la formation d’Éric Duhaime à l’Assemblée nationale. La députée de Rimouski s’est officiellement jointe au PCQ en mars dernier. Elle sera cette fois candidate dans La Peltrie, une circonscription de la Capitale-Nationale.