CHRONIQUE / En tous cas, on pourra dire qu’Éric Duhaime ne lâche pas le morceau dans sa mission pour la tenue d’un débat des chefs dans la capitale
En cette journée du 418e anniversaire de Québec, le 3 juillet, il faut saluer la ténacité du chef conservateur qui a réussi à rallier les autres partis à sa démarche.
En ces temps de polarisation, il a reçu l’appui des chefs des quatre autres partis représentés à l’Assemblée nationale
Je me fais toujours un devoir de souligner les idées appuyées au-delà de la partisanerie. Celle-là en est une.
Ce jour-là, il a plaidé pour qu’au moins un des débats des chefs se tienne dans la capitale. Il déplorait que quatre rencontres, en plus de la formule Cinq chefs, une élection de Radio-Canada se tiennent à Montréal.
On peut légitimement se demander si le lieu d’enregistrement change quelque chose. Les débats des chefs sont avant tout des exercices pour la télévision et le lieu importe peu. Mais Éric Duhaime le plaide pour le principe.
Il a ainsi amené tous les partis à se positionner pour Québec comme capitale.
Depuis 2016, la Loi accordant le statut de capitale nationale à la Ville de Québec stipule que la capitale doit être le lieu privilégié pour tenir des événements diplomatiques et politiques d’importance.
Déjà, Christine Fréchette a honoré ce principe en réservant sa première visite après son élection en avril au maire de Québec, Bruno Marchand. Elle a aussi choisi Québec pour rencontrer la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, et l’ambassadeur des États-Unis, Pete Hoekstra.
Loin d’être farfelue
Pour l’instant, rien ne semble indiquer que les réseaux pourront acquiescer à la demande. Les privés TVA et Noovo sont écartés pour des raisons de logistiques et de moyens financiers.
Éric Duhaime a donc concentré sa demande vers Radio-Canada. Au Parti conservateur, on gardait un mince espoir en fin de journée jeudi.
Mais déjà mardi, le diffuseur public expliquait que la décision de tenir le débat dans ses installations de Montréal «offre des conditions logistiques optimales en matière d’équipements, d’espace et de sécurité, sans oublier le personnel requis pour l’organisation et la tenue d’un tel événement».
Je comprends que c’est plus compliqué. Mais Éric Duhaime a raison de rappeler que des débats se sont tenus à Québec dans le passé.
J’ai d’ailleurs retrouvé dans les archives du Soleil cette Une qui parlait des préparatifs en prévision du débat du 13 mars 2007 au restaurant Le Parlementaire de l’Assemblée nationale.
Il était animé par l’ex-chef d’antenne Jacques Moisan et diffusé simultanément sur cinq chaînes de télévision
Le débat opposait le libéral Jean Charest, le péquiste André Boisclair et l’adéquiste Mario Dumont. Bon, OK, juste voir la liste des adversaires suffit à comprendre que ça fait un bon moment. Mais ça confirme aussi que tenir un tel exercice à Québec n’est pas impossible et est loin d’être farfelu.
Éric Duhaime en fait-il trop pour une demande qui, au final, ne change peut-être pas grand-chose pour la population? Peut-être.
Mais il faut reconnaître qu’il a habilement attiré l’attention médiatique dans cette précampagne électorale dominée par des annonces de candidatures et des annonces gouvernementales de la Coalition avenir Québec.
Le Parti conservateur a aussi tout intérêt à ne rater aucune occasion de parler de la grande région de Québec. C’est là qu’il peut espérer faire des gains aux élections du 5 octobre.
Jeudi, la formation d’Éric Duhaime a diffusé un sondage Pallas montrant qu’il arrive en tête avec 27 % des intentions de vote Québec et Chaudière-Appalaches. Le Parti québécois est à 21 % d’appuis, la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec à 14 % et Québec solidaire arrive dernier à 4 %
Il faut toujours prendre avec prudence les sondages commandés par les organisations politiques, mais avec un échantillon de 605 personnes de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, il est permis de penser qu’il traduit un certain courant.
Qu’un débat se tienne ou non à Québec, la croisade du chef conservateur aura eu le mérite de rappeler l’importance de Québec. Et il faut espérer que des sujets liés à la région de Québec auront leur place dans les échanges.
Et pas seulement pour parler de ce foutu troisième lien. La capitale nationale, c’est plus que ça.
Sur ce, bonne fête de Québec en ce 3 juillet!
Jocelyn Riendeau/Archives Le Soleil)